Parler du suicide sauve des vies

Pardon pour cet article qui n’a aucun rapport avec la PMA, mais c’est un sujet qui me touche depuis deux mois et dont j’ai besoin de parler. Passez votre chemin si vous n’avez pas envie de le lire, je peux le comprendre.

Le suicide est tabou, on n’en parle pas ou très peu. La prévention n’est pas suffisante, il faut pourtant en parler pour sauver des vies.

Le 30 octobre dernier, mon frère n’a pas été le seul à mettre fin à ses jours. On compte 27 suicides par jour en France (chiffre de l’Observatoire National du Suicide). Oui, vous avez bien lu, 27 par jour. C’est près de trois fois plus que les décès par accidents de la circulation.

Dans le monde, c’est 800.000 personnes :  toutes les 40 secondes, une personne se suicide quelque part dans le monde et toutes les 3 secondes, une personne fait une tentative de suicide (chiffres de l’Organisation Mondiale de la Santé). Le suicide fait plus de morts que les guerres et homicides réunis.

Pourquoi je vous dis tout ça ? Parce que je voudrais qu’on en parle, qu’on fasse de la prévention, qu’on arrête de croire des tas de choses fausses sur le sujet et qu’on puisse aider les personnes qui y pensent autour de nous. On estime qu’une personne sera confrontée, sur une période de quarante ans, au décès par suicide d’une à trois personnes de son entourage immédiat. C’est énorme.

Attention, ne vous méprenez pas, je ne porte aucun jugement, je souhaite simplement partager avec vous tout ce que j’ai lu depuis quelque temps.

Si vous avez quelques minutes, allez lire ça :
http://www.infosuicide.org/guide/depasser-les-idees-recues/mythes/

Les points qui me semblent les plus importants :
On croit souvent à tort que la personne qui en parle ne va pas le faire. En réalité, 75% des personnes décédées par suicide l’avaient annoncé directement ou indirectement.
La personne suicidaire souhaite cesser de souffrir et ne désire pas réellement mourir. Ni courage, ni lâcheté dans l’acte, mais seulement une absence de choix :  sa vie lui est insupportable, elle a atteint sa limite de tolérance face à sa souffrance et elle ne voit plus d’autres solutions pour arrêter de souffrir.
Le suicide est multifactoriel. Il n’existe pas un risque mais bien plusieurs étroitement associés, s’inscrivant à la fois dans une histoire personnelle, un contexte familial et environnement social. C’est une accumulation de facteurs.
Toute menace de suicide doit être prise au sérieux et ne doit pas être considérée comme de la manipulation. Menace de suicide = désespoir et appel à l’aide. Attention toutefois aux menaces à répétition qui tendent à désensibiliser l’entourage face à l’importance de la situation.

Pour aider une personne suicidaire, il faut essayer de :
• L’écouter parler de sa détresse : il ou elle a besoin de toute votre amitié, de votre disponibilité et de votre compréhension. L’expression de ses émotions permet de diminuer un peu le niveau de la souffrance. Être à l’écoute, mettre des mots sur sa souffrance permet parfois d’éviter le pire.
• Aborder directement la question du suicide. En parler n’incite pas les gens à se suicider, au contraire, cela permet de dénouer les crises et de proposer des solutions. Les pays qui ont fait des campagnes d’information ont vu leur taux de suicides diminuer.
• Avec lui, aller chercher de l’aide auprès de professionnels ou de proches en qui vous avez confiance.

A voir : le documentaire « La vie après le suicide d’un proche » de Katia Chapoutier, diffusé sur France 5 le mercredi 17 janvier à 20h55.

Merci à tous pour votre soutien.

SSI à TOULOUSE

Association de patients de l'AMP et de personnes infertiles.

Mais allons-nous arriver au bout de l’annonce du programme de cette 3ème Semaine de Sensibilisation à l’infertilité ?

Cela fait plaisir de voir que ce projet de Semaine de Sensibilisation à l’Infertilité se développe un peu partout en France.

Nous pensions que cette annonce était la dernière, mais non……..car il se prépare quelque chose du côté de Brest. Vous en saurez plus lundi.

Pour l’instant, ce sont nos amis Toulousains qui vont pouvoir se rencontrer et échanger sur leur parcours d’amp.

Samedi 3 juin 2017 à 16 heures

Prenez contact avec Perrine via collectifbamp31@gmail.com pour vous inscrire à cette rencontre

De plus, la semaine prochaine nous vous réservons une autre surprise !

#SSI2017 #1couple6 #JeSuisInfertile

Vous pouvez retrouver les autres rendez-vous dans les précédents articles pour Agen, Angers, Avignon, Caen, Créteil, Colmar, Lyon, Marseille, Monaco, Nouméa, Paris, Rennes, Strasbourg.

Pour ces différents rendez-vous n’oubliez pas de vous inscrire, car dans certaines salles il…

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Semaine de Sensibilisation à l’Infertilité 2017

Vous avez dû l’entendre, le lire, voir passer des infos depuis quelques temps,….. Mais en fait, c’est quoi la SSI ? c’est où ? c’est quand ? Pour la troisième année consécutive, l’association Collectif BAMP organise sa Semaine de Sensibilisation à l’Infertilité. Une série de rencontres, tables-rondes thématiques, conférences, ateliers, lectures théâtralisées,… seront au programme […]

via Que nous réserve la Semaine de Sensibilisation à l’Infertilité (SSI) cru 2017 ? — Association de patients de l’AMP et de personnes infertiles.

Comment parler du don de gamètes à nos enfants?

Cela fait très longtemps que je réfléchis à écrire cet article sur le don de gamètes, c’est un sujet délicat, mais aujourd’hui je me lance! C’est drôle parce que Monpetitoeuf et les Icsi en ont parlé aussi très récemment!

Parler de sa conception à notre fille a toujours été une évidence pour mon mari et moi. Pour nous, c’est son histoire et il faut qu’elle la connaisse. Lui dire, le plus naturellement possible, nous semble important pour qu’elle grandisse avec cet élément, sans honte, ni gêne. Peut-être même qu’elle en fera une force; elle pourrait, par exemple, se vanter d’avoir été conçue d’une façon très originale!

Bien sûr, lui en parler nous expose à plusieurs risques: pour moi, celui d’être rejetée, avec le douloureux « Tu n’es pas ma mère! » qu’on s’attend à recevoir en pleine figure à l’adolescence (j’en avais déjà parlé ici) et le risque que notre enfant souhaite partir à la recherche de ses origines génétiques et de la donneuse. Avec l’anonymat du don en République tchèque où nous avons fait la FIV (comme c’est aussi le cas en France), cela ne sera à priori pas possible. Finalement, je ne m’inquiète pas trop pour ces dangers, je pars du principe que si on lui explique notre démarche et qu’on l’élève avec beaucoup d’amour, on devrait éviter le pire. Nous assumons totalement nos choix, cela devrait l’aider à se sentir bien dans ses baskets, j’ai confiance en notre trio.

De plus, les secrets de famille sont souvent destructeurs, j’en ai la preuve, ou du moins un exemple concret très personnel. Pour les 18 ans de mon papa, ma grand-mère lui a annoncé que son père, qui l’élevait (et le maltraitait) n’était pas son père biologique. S’en sont suivis plusieurs épisodes dépressifs, CQFD.

Ainsi, avant même la grossesse, on avait décidé qu’on en parlerait le plus tôt possible à notre bébé, pour ne pas qu’il l’apprenne autrement que par ses parents et parce que cela fait partie intégrante de son histoire, de notre histoire à tous les 3. On en a donc parlé à notre fille, d’abord pendant la grossesse et puis à sa naissance (elle avait un jour ou deux). Elle a maintenant 9 mois et on lui en reparle de temps en temps, quand l’occasion se présente. Pas tous les jours non plus, inutile de rabacher sans cesse.
On lui a expliqué, avec des mots très simples, qu’on s’aimait très fort son papa et moi et qu’on voulait fonder une famille, avoir des enfants. Malheureusement, avec nos graines un peu fatiguées, ça ne fonctionnait pas. On a donc décidé d’aller demander de l’aide à un docteur dans une clinique. Une jeune femme nous a donné quelques-unes de ses graines qui ne lui servaient pas et, avec les graines de papa, le docteur a fabriqué un tout petit bébé et l’a mis dans mon ventre. J’ai ensuite pris soin d’elle pour qu’elle grandisse bien et elle est née un joli jour d’été.

Certains psychologues conseillent d’en parler à l’enfant quand il a 2 ans, d’autres autour des 4-5 ans quand il commence à poser des questions du genre : « Mais comment on fait les bébés? ». Je ne crois pas qu’il y ait de règle, il me semble que c’est le ressenti des parents qui est important. Pour nous, en parler déjà nous « entraîne » à le faire d’une certaine façon, car on imagine que ce sera plus difficile quand elle sera plus grande et nous posera des questions (auxquelles il faudra essayer de répondre). Le vocabulaire va certainement s’enrichir dans le temps, viendra le moment où on pourra nommer les spermatozoïdes, les ovocytes, la FIV, les embryons, etc.

Je n’ai pas encore trouvé l’album idéal pour nous aider à en parler à notre fille. Le mot « fée » dans le titre du livre « Dans notre histoire, il y a….une fée » (Maia) ne me plait pas trop, ni la phrase suivante : « certaines dames si gentilles qui donnent quelques-uns de leurs œufs à une autre dame ».  Si gentilles?
« Le mystère des graines à bébé » de Serge Tisseron est pas mal, mais il y a aussi une phrase qui me gêne beaucoup : « Il y a des parents qui croient que si leur enfant savait qu’il a été fabriqué grâce aux graines de quelqu’un d’autre, il les aimerait moins ». Moins?
On m’a aussi parlé de « Mais… comment naissent les parents? » de Jean Regnaud, qui n’est pas spécifique du don, mais je ne l’ai pas encore lu.
Pour moi cette fois-ci, j’ai emprunté à la bibliothèque le livre « Enfants du don » de Dominique Mehl, ce sont des témoignages de parents et d’enfants. Il est un peu daté (2008), je vous dirai ce que j’en ai pensé quand je l’aurai lu.

La question que je me pose actuellement est de savoir à qui d’autre en parler. Nos parents, frères et soeurs et amis sont au courant de notre parcours depuis le début. Nos neveux (ses cousins) ne le sont pas encore et je me demande s’il faudrait les informer maintenant ou s’il faut attendre de décider avec notre fille. Je suis partagée, car ce moment n’est pas pour tout de suite et j’aimerais que cela se fasse sans encombre si elle en parle avec eux spontanément, qu’ils n’aient pas de mauvaise réaction due à la surprise (qui serait éventuellement évitée s’ils y sont préparés). Il se trouve que nous connaissons d’autres enfants issus du don, avec lesquels notre fille pourra échanger sur le sujet plus tard, si elle en a envie. Concernant l’entourage moins proche, on a choisi « au feeling » les personnes à qui en parler, celles qui nous semblaient ouvertes, aptes à comprendre, sans juger et qui ne regarderaient pas notre fille différemment une fois dit. Cela s’est toujours bien passé, mais ce n’est pas évident de savoir à l’avance comment les gens vont réagir. La Fortuna militante voudrait le crier sur tous les toits, on est tellement heureux de ce don, alors pourquoi le cacher à certaines personnes? Mais tout le monde n’est pas prêt à l’entendre et il faut aussi savoir se préserver un minimum. Un jour peut-être, le don de gamètes et la PMA en général ne seront plus tabous, on peut toujours rêver… Et d’ici là, le don n’existera peut-être plus, nous ferons des FIV avec des gamètes issues de nos cellules souches, qui sait? (lisez ça si cela vous intéresse).

Et vous, comment vous faites/feriez-vous?
Vive le don !!!

 

Des pensées pour vous tous toujours trop nombreux sur le quai, ainsi que pour ceux qui l’ont quitté.

 

PS1: Merci à Maxelie et à la Chanceuse de m’avoir nominée au Liebster Award 2017, je m’y colle dès que possible.
PS2: Pour celles qui ont demandé des nouvelles, Zébulette va bien et sa maman aussi, malgré une grosse fatigue due aux fréquentes tétées de nuit…

Ça Bamp aussi à Toulouse !

Pour cette première édition 2017, retrouvez Perrine pour une rencontre toulousaine qui se tiendra le vendredi 10 février entre 18h et 21h Venez échanger sur l’infertilité avec d’autres couples ! Bientôt aussi à Toulouse une exposition, on vous en dira plus bientôt ! Pour vous inscrire : collectifbamp31@gmail.com

via Ça BAMP aussi à TOULOUSE ! — Association de patients de l’AMP et de personnes infertiles.